Auteure : Laetitia Arnould

Couverture : Laetitia Arnould

Maison d’édition : Éditions Durand – Peyroles

Parution : janvier 2015

Nombre de pages : 450

 Je remercie l’auteure d’avoir dédicacé mon livre.

 

 

 

Présentation de l’éditeur

Poussez la porte d’Aeternam Opéra et entrez dans un lieu romantique et fantastique où les arts côtoient une magie aussi terrifiante qu’envoûtante…

Au cours d’une nuit mystérieuse, Gabriel, un artiste maladroit et rêveur, s’égare dans Montmartre. Le quartier où il errait et qu’il croyait bien connaître vient subitement de changer. Tout y respire la magie et paraît hors du temps… Désorienté, le jeune homme entre par inadvertance dans un opéra féérique et fastueux qui court sous toute la capitale française : Aeternam Opéra.

Accueilli par un mannequin de cire parlant, Gabriel découvrira rapidement qu’il est prisonnier des lieux et qu’il peut l’être pour l’éternité, à moins de retrouver l’illustre Sweeteldy Cat… Il fera la connaissance des Errants qui peuplent l’opéra, comme la fascinante Ballerine et l’élégant Maraudeur. Et pour quitter leur prison dorée, ils devront ensemble percer les mystères de l’opéra et échapper à la vigilance d’un vieil homme fou qui ne pense qu’à rayer des noms sur une liste.

Les mondes parallèles dans la littérature, en particulier les univers souterrains tels qu’on peut les lire par exemple dans Neverwhere de Neil Gaiman, Les Indes noires de Jules Verne ou dans la trilogie Sublutetia d’Éric Senabre (littérature pour la jeunesse), m’enchantent autant qu’ils m’effraient car, mis en mots à travers une histoire passionnante, ils révèlent à coup sûr des secrets qui n’attendaient qu’une seule chose : refaire surface. Et lorsqu’ils refont surface, tout peut arriver…

Après avoir découvert Ronces Blanches et Roses Rouges, j’avais très envie de lire d’autres romans de Laetitia Arnould, véritable magicienne des mots. AETERNAM OPERA est un superbe texte fantastique en trois actes, dont les titres suscitent déjà la curiosité en laissant planer un délicieux mystère :

Acte I : La Ballerine et le Maraudeur

Acte II : La Valse des Sept Temps

Acte III : Le Mont des Voeux

Divinement rythmées, les 450 pages qui le composent se lisent de façon très fluide. Quant à l’histoire, elle offre bien des surprises et des rebondissements, et nous emmène aux confins de ce qui ressemble, au premier abord, à une mécanique bien huilée…    

Que se passe-t-il donc sous Montmartre ?

Vous pensez connaître Montmartre, de près ou de loin ? Il n’en est rien, sachez-le. C’est en tout cas ce que réalise Gabriel Fossett, le soir du réveillon de Noël, alors que les derniers acheteurs terminent leurs emplettes. En proie à d’étranges sensations, complètement désorienté, il s’éloigne – malgré lui – du bruit de la foule et des lumières festives, et découvre une impasse au bout de laquelle une étrange porte le mène à l‘Opéra Éternel et Merveilleux de la Butte Montmartre ou l’Aeternam Opéra. 

Grisé par l’ambiance, le jeune homme se laissa aller à une sorte de danse solitaire en flânant le long des galeries fastueuses. S’il était perdu dans un rêve, alors c’était un rêve magnifique… Et il n’était pas pressé de se réveiller.

Le personnage arrive au moment où, comme chaque année à la même époque, des dizaines d’artistes de tous horizons – danseurs, comédiens, cantatrices… – revêtent leurs plus beaux costumes, déploient et mêlent leurs talents au milieu de décors somptueux pour que le Dernier Ballet de l’année soit éblouissant.

Seulement voilà, cela semble trop beau pour être vrai… Une première question – pas des moindres – se pose. Pour quel public les artistes se produisent-ils ?

Un spectateur ? […] Je n’ai jamais eu le loisir de voir un spectateur se promener dans les coulisses de notre cher Opéra. Et je n’ai d’ailleurs jamais vu de spectateur ici… […] D’aussi loin que je m’en souvienne, il n’y a jamais eu personne d’étranger à notre troupe ici !

[…] Voilà de nombreuses années que personne de nouveau n’est entré à l’Opéra. Vous êtes arrivé ici sans encombre ?

Est-ce un hasard si Gabriel, lui qui ne parvient pas à percer dans « le monde d’en haut » (j’emprunte le titre du roman jeunesse de Xavier-Laurent Petit) en tant que musicien, contraint de multiplier les petits boulots pour survivre, se retrouve projeté dans ce monde-là, précisément ? Serait-il doté de quelque Qualité ou Défaut inestimable (les majuscules ont leur importance, je vous assure…) ? Grâce à Romane – la Ballerine, Julien – le Maraudeur, Albane et Mathieu – les seuls enfants résidant à l’Opéra, mais aussi les autres Errants, il comprend que son rôle est décisif et qu’il n’est pas qu’un simple badaud qui se serait trompé de chemin…

Les coulisses de l’Opéra

Une foule de personnages se côtoient dans ce haut lieu artistique, étrange et poétique. Les Errants – tous différents mais qui aspirent ensemble à une forme de liberté individuelle retrouvée, mais aussi des pantins et des marionnettes, des animaux étranges… Il y a ceux que l’on voit et ceux que l’on ne voit pas. Parmi ces derniers, tout le monde parle du Sweeteldy Cat ou le Doux Chat Couronné. C’est un joli nom, n’est-ce pas ? Seulement, personne ne l’a – semble-t-il – jamais rencontré.  Pourtant, les Errants rêvent de son retour salvateur. Qui est-il et sous quelle forme se cache-t-il ? L’auteure entretient avec brio le mystère autour de ce personnage. Existe-t-il seulement ? Par qui, quand et pourquoi l’Opéra a-t-il été créé ? Pour répondre à ces questions, une seule solution : partez à la recherche du Sweeteldy Cat dans le roman, aux côtés de Gabriel et de ses précieux alliés… 

Les personnages sont magnifiques. L’écriture, les situations – parfois loufoques – permettent de saisir leur psychologie, leur façon de penser, de se mouvoir même et les rendent extrêmement attachants, qu’ils se situent du côté sombre ou du côté lumineux de l’intrigue. La grâce de Romane, l’élégance de Julien, l’innocence et la spontanéité de Mathieu et Albane, la belle relation que Gabriel construit avec eux, la solidarité dont font preuve les Errants dans les moments sombres, tranchent véritablement avec la terreur insufflée et entretenue par le Maître du Temps, siégeant sur son Trône Instable au-dessus du Maëlstrom des Horreurs et accompagné du dévoué Marius et de sa créature fantastique – le Keeperwulf. L’atmosphère mystérieuse, la magie qui planent sur le monde de l’Opéra ajoutent une force de caractère à chacun d’eux. Sans compter les références historiques qui parsèment le roman et éclairent les actions des uns et des autres. Étonnant pour un roman imaginaire ? Non, tout cela se marie à merveille.

L’Opéra m’a fait penser à une immense boîte à musique – un dôme peut-être – qui serait actionnée et remontée par des mains expertes dans l’art de faire reproduire indéfiniment aux personnages les mêmes gestes, pour les empêcher de créer des alliances, de penser, de réfléchir à l’avenir. Malheureusement, le pouvoir s’obtient aussi de cette horrible manière-là. Derrière les décors et les costumes, les prouesses des artistes, derrière les sourires, se dissimule une incroyable vérité : tous ont peur, peur d’être rayé de la fameuse liste de Marius… Lorsqu’il prend conscience de cela, Gabriel est loin de ressembler au personnage qu’il était au début du roman – initiatique.

Comme dans Ronces Blanches et Roses Rouges – c’est ce que j’avais beaucoup aimé – la plume de Laetitia Arnould dessine, sculpte, photographie les lieux en même temps qu’elle nous raconte une histoire. 

La lanterne verte éclairait tout un large corridor d’une flamme dansante. Julien et Gabriel n’étaient plus plongés dans le néant et le sol avait repris une consistance. Il ressemblait maintenant à une moquette de nuage mousseuse et cotonneuse à souhait. Des volutes de brume naissaient de ce tapis impalpable et montaient en s’effilochant. Il y avait ici et là des roses et des lys qui lévitaient dans ce brouillard avant d’aller s’accrocher à une immense grille en fer forgé ouverte sur un jardin luxuriant. Un arbre immense et tortueux se perdait dans un ciel artificiel ensoleillé. Ses branches étaient ornées de feuilles d’or e des centaines de cages à oiseaux y étaient accrochées.

La lanterne était plaquée sur un mur de pierre grise et rose qui dessinait les contours de la façade d’un tout petit cottage : une bâtisse minuscule, remplie de charme et de mystère, qui dénotait avec la présence des hautes voûtes de l’Opéra. Sans la présence de ce dôme de pierres, Julien et Gabriel se seraient cru en extérieur, quelque part sur des terres d’Irlande…

Lorsque peu à peu, les éléments du puzzle se mettent en place, la Grande Histoire de l’Opéra est enfin dévoilée – en partie tout du moins. Puisant dans la mythologie (je ne vous dis pas tout, hein ?…), Laetitia Arnould donne naissance à une oeuvre singulière. L’auteure crée une intrigue qui se suffit à elle-même, mais qui pourrait également faire partie d’un cycle, avec un avant et un après. Aeternam Opéra m’a rappelé le Cycle d’Avalon de Marion Zimmer Bradley. Non, non, je ne dirai pas pourquoi… mais nous pourrons en discuter quand vous l’aurez lu ! En ce sens, le roman possède une épaisseur (je ne parle pas seulement du nombre de pages) particulière, avec des lieux, une temporalité, des personnages réellement fouillés, et une véritable cohérence.

Vous l’aurez compris, Aeternam Opéra est un COUP DE COEUR que je recommande absolument. C’est un vrai plaisir de suivre le parcours de chacun des personnages, leurs doutes, leurs espoirs et leurs interrogations. La question de la liberté, qui nous concerne tous finalement (surtout dans le contexte actuel), y est admirablement mise en scène. Laetitia Arnould a le don choyer ses lecteurs, de trouver les mots ou expressions qui touchent et enchantent, qui ravissent et effraient.

Un dernier point… AETERNAM OPERA n’est pas dénué d’humour. Je ne dis plus rien… exceptés deux mots :

Une pépite !

AETERNAM OPERA, L’Opéra des Errants de Laetitia Arnould

3 pesnées sur “AETERNAM OPERA, L’Opéra des Errants de Laetitia Arnould

  • Ping : SOLSTICES de Laetitia Arnould

  • 5 mai 2017 à 13 h 37 min
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    Oh mais j’ai tellement envie de le lire ! Ca à l’air super ! J’ai aussi lu Ronces Blanches et Roses Rouges de Laetitia Arnould et j’avais littéralement adoré ! Je pense que j’essaierai de me le procurer pour le lire à la période de Noël ! Je pense que c’est une période idéale pour ce genre de roman ! 🙂

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    • 5 mai 2017 à 17 h 56 min
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      Quelle bonne idée de lire Aeternam Opéra pendant la période de Noël ! Ce roman est vraiment super, tu ne seras pas déçue ! Tu me diras ce que tu en penses, d’accord ? Merci de ton commentaire et à très bientôt !

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