BROOKLYN PARADIS – Saison 1 de Chris Simon

Auteure : Chris Simon

Couverture : Chris Simon

Éditions du Réalisme Délirant

Parution : décembre 2016

Nombre de pages : 170

ROMAN ADULTES

THRILLER – ROMAN NOIR – SÉRIE

 

Présentation

Courtney Burden a tout : un riche et beau mari, Jeb ; deux magnifiques enfants, Cameron et Sawyer ; un métier créatif et une brownstone de trois étages à Brooklyn, New York, là où tout le monde veut vivre. Alors pourquoi chine-t-elle dans les rues ? A-t-elle un problème ? Est-elle cinglée ? Non, juste une chineuse compulsive qui adopte les objets pour se rassurer…
Avait-elle besoin de ramasser ce canapé au petit matin au bord du fleuve et de le ramener chez elle ? Non, mais elle le croyait abandonné sur ce parking paumé. Sauf qu’il ne l’était pas. Et qu’il appartient à des gars pas cool du tout, qui tiennent à leurs affaires… Et que ces gars, super vénères, vont tout faire pour le récupérer. Et ça, c’est le début de la fin pour Courtney et les siens.

Cocaïne, gangsters, argent et sexe : les meilleurs ingrédients pour faire exploser une famille modèle. Il y a une bonne dose de suspense et d’humour aussi… pour sauver les meubles.

Ce livre m’a été offert par Florence Gindre, éditrice chez Marathon éditions, avec qui nous partageons (cela semble se confirmer…) une certaine sensibilité en matière de littérature. Je la remercie car j’ai découvert avec plaisir la délicieuse plume de Chris Simon, auteure franco-américaine. Vous ne la connaissez pas ? Je vous conseille un petit tour sur son blog. Sa bio bio inofficielle, en particulier, vaut le détour !

Brooklyn Paradis – Saison 1 est le premier opus d’une série noire, dont le quatrième tome paraîtra en juin 2018. J’ai donc un peu de retard mais je vais le rattraper, sous peu.

Si les thèmes abordés sont durs – très durs même -, ce fut un réel bonheur de lire l’incroyable histoire de Courtney, chineuse inconditionnelle, véritable amoureuse d’objets. Que ne ferait-elle pas pour acquérir tel ou tel meuble ou autre bibelot ! C’est avec une détermination inébranlable qu’elle n’hésite pas à faire appel à de drôles de gus pour transporter jusqu’à sa voiture le canapé qu’elle a repéré. Seulement voilà, elle ne mesure absolument pas les conséquences de son geste. D’ailleurs, comment pourrait-elle imaginer une seconde ce qui va lui arriver ?

Des descriptions justes et efficaces, des dialogues saisissants et drôlissimes, un rythme effréné, des personnages décalés, sensibles et touchants, des scènes rondement menées, un réalisme cru, voilà ce que l’on trouve dans le roman de Chris Simon. On a l’impression d’y être, tout simplement, Les personnages paraissent, étrangement, seuls au monde – l’intrigue se déroule pourtant à New York -, comme autant de petites bulles. Et quand deux bulles se rencontrent, c’est l’explosion !

La douce folie de la jeune femme, la bienveillance de son mari venant tout juste de débourser une fortune à cause de la manie de sa femme, les enfants du couple – profiteurs de toutes les situations, les personnages incroyables gravitant autour de la famille – majordome, femme de ménage ou autre baby-sitter, les mafieux – méchants ou gentils (ou plutôt moins méchants que les autres), nous embarquent littéralement et titillent joyeusement notre imaginaire.

Lorsque, sitôt le livre refermé, on se met immédiatement à rechercher le deuxième tome (IL ME LE FAUT !), c’est très bon signe, non ? Mais l’on se demande quand même qui, de Courtney ou de soi-même, est la plus atteinte…

 

Courtney avait dû rater une rue. Elle se retrouva face au fleuve, ne pouvant avancer plus loin. Le quartier désolé ne lui inspirait pas confiance. Comment pouvait-on habiter dans ce coin ? Certes, la vue sur Manhattan était épatante, cependant, elle préférait de loin sa coquette maison de trois étages dans le quartier de Brooklyn Heights. Elle entreprit le grand tour du parking, la marche arrière n’était pas son sport favori. Dos à la rivière, elle l’aperçut. Posé au milieu du parking désert. Noir et cossu. Une vision surréaliste comme elle les aimait. Il semblait crier, implorer qu’on s’intéresse à son sort, qu’on l’adopte. […] elle était obnubilée par la présence insolite de ce canapé. Elle ne pouvait pas laisser passer une occasion pareille, au diable les résolutions, les promesses à son mari…

Brooklyn Paradis – Saison 1, p. 26-27

– Je veux mes six zéros, tu m’entends ? 

Sam envoya en coup de mocassin en cuir d’Argentine dans un des cartons. Les oignons s’entrechoquèrent. Fatsy ordonna aux deux livreurs d’embarquer les légumes immédiatement.

Quand Sam Lee Ming avait décidé quelque chose, sa voix montait dans les aigus, et Fatsy et Butchy savaient qu’il valait mieux s’écraser et dégager la piste. Il avait la réputation d’être colérique, impétueux et plus couillu qu’Al Capone et Joaquín « El Chapo » Guzmán réunis.

Brooklyn Paradis – Saison 1, p. 110

– C’est ça que tu as mangé ?

– Oui.

– T’es sûr ?

– Oui.

– Tu me le jures ? Sur la tête de ta girafe ?

– Juré.

– Maintenant, va finir tes céréales.

– Et toi ?

– Je vais nettoyer. Et surtout n’en mange plus et n’en parle à personne. T’aurais pu t’empoisonner.

– Comme Blanche Neige ?

– C’est ça.

Brooklyn Paradis – Saison 1, p. 97

À propos des mini-chroniques

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