Auteure : Claire Carabas

Illustratrice : Mina M

Maison d’édition : Magic Mirror Éditions

Collection : Enchanted

Conte revisité : La Petite Sirène, Hans Christian Andersen

Parution : septembre 2017

Nombre de pages : 244

Disponible en livres brochés et numériques

 

Présentation de l’éditeur

Je quitte mon monde, une fois de plus, pour aller à la rencontre du vôtre.
Je m’approche des lumières qui ceinturent vos rivages.
Je respire l’odeur de votre terre, de vos plantes et de vos feux.
Je longe vos côtes. Je peux nager longtemps.
Inlassable, je fends l’eau. Je cherche ce chant à nul autre pareil.
Ce chant que les femmes adressent à leurs hommes perdus.

L’histoire de la sirène qui aimait l’homme n’a pas d’âge, l’impossibilité de cette pulsion se noue à la manière des grandes tragédies et étouffe inexorablement l’héroïne.

Pourtant, quand Galathée aperçoit Yvon, solitaire sur son bateau à voiles, l’amour la foudroie et la pousse à toutes les folies.
Eperdue, désespérée, animée par un espoir aveugle, elle parvient à se faire une place dans la vie du jeune marin, mais qu’en est-il de son coeur ?

Redécouvrez le conte d’Hans Christian Andersen à travers les témoignages des amants empêchés et vivez le drame comme jamais vous ne l’avez exploré : de l’intérieur.

 

Je remercie Magic Mirror de sa confiance et de l’envoi du roman en version numérique (que je me suis bien entendu empressée d’acquérir en version brochée, après lecture des premières pages…).

Comme certain(e) le savent déjà, je fais partie du Comité de lecture de la maison d’édition. Mais contrairement à Ronces Blanches et Roses Rouges que j’avais lu et évalué (très positivement !) dans sa première version, je n’ai pas eu l’occasion de lire le manuscrit de Claire Carabas. J’attendais donc cette deuxième publication avec impatience et la surprise fut belle.

Il est des livres qui vous propulsent en un battement de cils vers l’ailleurs et le merveilleux. Ce Que Murmure La Mer fait partie de ces romans-là.

 

Du conte au roman, entre universalité et identité

Parfois, je monte à la surface. Tout le long du chemin, la sagesse me répète que je ne devrais pas. Ma place est sur mon trône, auprès de mes sujets, mais je ne peux pas m’empêcher de franchir la frontière. Je sais pourtant ce qu’il coûte de vouloir savoir.

Ce Que Murmure La Mer est une réécriture résolument contemporaine du conte originel dont l’auteure a su puiser l’essence pour en faire son propre miel. Réécriture magnifiée par la plume d’une étonnante et douce simplicité de Claire Carabas, entre phrases courtes et percutantes, et longues descriptions poétiques.

Si l’on y retrouve des personnages, des motifs et des couleurs de La Petite Sirène, l’intrigue et ses développements, les procédés d’écriture, les variations, l’alternance des points de vue nous permettent d’entrer directement ou presque dans les sphères intimes de Galathée et d’Yvon D’Igenvez dont on suit pas à pas les trajectoires. Le passage au « Je », dès le prologue, est saisissant, crée un attachement immédiat aux personnages. J’ai eu l’impression de basculer dans une nouvelle dimension du conte, inexplorée jusqu’alors.

Dans le conte d’Hans Christian Andersen, les filles du roi de la mer peuvent, dès l’âge de quinze ans, monter à la surface de la mer. Ainsi, chacune des soeurs de la Petite Sirène raconte-t-elle ses aventures et ses découvertes du monde d’en haut. Puis, arrive enfin le jour où elle-même en fait l’expérience… Dans le roman, l’histoire est d’emblée focalisée sur la dernière fille du roi des océans. Son père lui interdit formellement de franchir les limites du royaume qui – d’après lui – est d’une telle beauté qu’il se suffit à lui-même.  Mais au matin de ses dix-huit ans, n’y tenant plus, la princesse des mers quitte le cocon familial pour s’aventurer là où – selon ses propres mots – elle n’aurait pas dû…  

La rencontre entre la sirène et le marin nous est contée à deux voix. Le récit de Galathée et le journal (de bord ou de terre) d’Yvon – entre carnet de voyage et journal intime – se nourrissent l’un l’autre, faisant écho aux liens étroits qui unissent l’oralité et l’écrit, indissociables de la genèse et de la diffusion des contes. Cette mise en abyme, très réussie, s’inscrit pleinement dans la ligne éditoriale des éditions Magic Mirror qui ont à coeur de proposer aux lecteurs des romans dont l’enjeu dépasse largement la littérature escapiste.    

 

Sur la forme

Comme pour le premier roman publié par la maison d’édition, on ne peut qu’admirer l’objet-livre, dont la très belle qualité donne une envie irrépressible de tourner les pages.  

La couverture créée par Mina M (dont je suis une fervente admiratrice) représente Galathée – c’est le nom que lui a donné Yvon – dans son petit jardin aquatique. Ce jardin intime qu’elle a hérité de sa mère et si joliment décrit par l’auteure, qui lui permet de se ressourcer, de s’éloigner de l’agitation du royaume, du monde des apparats. S’il est une chose qu’elle appréhende de quitter en voulant rejoindre l’autre monde, c’est cet espace à la fois partie intégrante et prolongement d’elle-même.

Pour parfaire le tout, le conte originel et le premier chapitre de Ronces Blanches et Roses Rouges figurent à la fin du livre. Ainsi, pour ceux qui n’auraient pas encore découvert la première publication de la maison d’édition et l’écriture enchanteresse de Laetitia Arnould, c’est une occasion rêvée.

Une pépite !

Ce Que Murmure La Mer de Claire Carabas

2 pensées sur “Ce Que Murmure La Mer de Claire Carabas

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