Auteure : Carine Foulon

Couverture : Nicolas Jamonneau

Maison d’édition : Éditions Dreamcatcher

Collection : Plume violette-Black / Sous-plume noire-Suspense

Parution : juillet 2017

Nombre de pages (version brochée) : 404

Je remercie Carine Foulon pour sa longue dédicace…

 

Présentation de l’éditeur

À la fin de l’année 1923, un corps est repêché dans le fleuve Chicago. Les années qui suivent chaque mois, à la même date, un homme arpente les allées du cimetière. Il vient fleurir la tombe de la victime. Comment celle-ci a-t-elle filé sa corde ? L’histoire commence deux ans plus tôt, en 1921. Elle relate les événements qui ont conduit au drame.

Noeuds familiaux

Dans les premiers chapitres de Chicago Requiem, nous découvrons la famille Henderson, très fortunée, dont la vie n’est pas un long fleuve tranquille… Le premier mariage de Meredith Henderson déclenche les hostilités. Non seulement ce mariage n’aboutit pas mais des révélations contraignent la jeune femme à purger une peine de prison de cinq ans. Période durant laquelle vont mûrir ses projets diaboliques. Manipulatrice, maladivement perverse, elle entretient avec son frère, William, des relations malsaines qui conduiront ce dernier très loin, bien au-delà des limites de l’acceptable, tandis que lui, confronté à des choix impossibles, n’aura de cesse de protéger sa femme et ses enfants.  

Rien n’était impossible pour Meredith […]. Comment avait-il pu l’admirer ?

William Henderson a épousé par amour, contre vents et marées, Susan Weaver – actrice aussi belle que fragile et maladive. Quels lourds secrets cache-t-elle pour sembler à ce point absente de sa propre existence ? Un jour, la vie du jeune homme bascule suite aux déclarations d’un détective privé employé en premier lieu pour surveiller Meredith. S’en suit alors une véritable descente aux enfers, un naufrage psychologique. Et l’on ne sait pas, jusqu’à la fin du livre, si William va résister à la douleur et aux pressions qui emplissent désormais sa vie. Personnage qui évolue le plus dans le roman, il manifeste et développe une sensibilité singulière face à la folie de sa soeur et aux événements tragiques. Cette sensibilité en fait un personnage particulièrement attachant…              

Si les principaux protagonistes sont finement décrits – au point qu’on a l’impression de les voir vivre devant nous, comme sur une scène de théâtre – j’ai également beaucoup aimé les personnages de Rose, la cousine de Meredith et de William, et Edward, un acteur célèbre. Ils semblent en effet former le seul couple équilibré. Amoureux comme au premier jour, leur complicité tranche avec les non-dits, les frustrations qui caractérisent les autres personnages et offrent une vraie respiration au lecteur. Pour autant, l’enfance de Rose, dont l’auteure nous offre quelques flash-back éclairants, ne s’est pas déroulée paisiblement… C’est le moins qu’on puisse dire…

Le fait que l’auteure varie les points de vue des personnages et intègre à son roman des personnages enfants renforce le réalisme et la noirceur du récit. Car c’est aussi à travers les réactions des plus jeunes que l’on mesure l’ignominie de certaines situations…

Un monde contrasté

– […] je ne vois pas comment ma femme pourrait remonter sur scène, dans son état et dans les circonstances présentes, même si c’est une excellente actrice.

– Elle est en quelque sorte déjà sur la scène du monde, ou du moins de Chicago. Il faut parfois se forcer à jouer un rôle pour donner le change, non ?

– Vous voyez Chicago comme un théâtre ? Je vois cette ville comme un bouge infâme où on peut recevoir une balle à tout moment. J’emploie des détectives, des hommes de main, des gardes du corps parfois, mais cette ville me fait peur.

– Je la trouve excitante, au contraire !

Au-delà des liens familiaux qui unissent – ou désunissent – les personnages, on découvre différents visages de Chicago – ville mythique qui a fait couler beaucoup d’encre et inspiré de nombreux artistes. Richement documentée sur l’histoire de Chicago dans les années 20 du siècle dernier, l’auteure de Chicago Requiem fait référence à des personnages et à des faits réels, évoque la mode de l’époque et la place des femmes dans la société américaine. Ainsi, l’époque contrastée des Années folles, le temps de la Prohibition constituent-ils la toile de fond de l’intrigue. Dans le même temps, nous devinons le mépris envers les artistes – ceux qui ne font pas partie de l’élite, du gratin -, caractéristique d’une société qui, malgré le vernis, les paillettes et les apparats, ne va pas si bien que cela, se ment sous doute à elle-même. Au fil des chapitres, l’ambiance à la fois fascinante et étouffante de la grande ville américaine y est décrite avec subtilité, à travers des scènes parfois étonnamment douces… Alors que le roman relate des faits graves, façonne une intrigue horrifique, je me suis surprise à sourire… à plusieurs reprises. 

Il est difficile de classer le roman de Carine Foulon. Si vous me lisez de temps en temps, vous connaissez sans doute mon goût indéfectible pour les romans inclassables… Mais si vous me posiez la question, je vous dirais que nous avons affaire ici à un savant mélange de polar, de thriller, de roman sentimental et de roman historique…

J’ai passé un excellent moment avec ce roman de Carine Foulon, dont la très agréable plume offre une lecture à la fois prenante – addictive même – et surprenante. En découvrant la courte présentation de la maison d’édition, je n’imaginais pas que le coeur de l’intrigue ne se situait pas là où je l’attendais… Je n’en dis pas plus… Ce jeu de pistes avec le lecteur est des plus plaisants. J’adore être surprise de cette façon-là, aussi… 

Une réussite !

Pour suivre l’actualité de Carine Foulon, sa page facebook se trouve par ici…

CHICAGO REQUIEM de Carine Foulon
Étiqueté avec :                    

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *