Échos de tempêtes de Nathan Bonvallet

Auteur : Nathan Bonvallet

Couverture : Adeline Bourgeois

TheBookEdition

Parution : décembre 2017

Nombre de pages : 131

RECUEIL DE NOUVELLES FANTASTIQUES

1- Rumor

2- Aussi loin que possible

3- Miss Catastrophe

4- La vague dorée

5- Rudra

6- Le Cercle

7- L’espace pour respirer

Présentation

Écoutez, ce sont les échos de tempêtes déchaînées qui parviennent à vos oreilles.
Au gré de sept nouvelles fantastiques, rencontrez des personnages en proie à des tourments multiples. De l’Inde mystique jusqu’aux feux de la rampe new-yorkais, du XVIIème siècle à nos jours, votre voyage ne fait probablement que commencer… en quête d’un véritable espace pour respirer.

Je remercie Nathan Bonvallet de l’envoi de son recueil.

Échos de tempêtes capte l’attention, dévoile des situations, des lieux et des personnages liminaires aussi divers que remarquables. Le motif de la tempête, aux multiples déclinaisons, traverse le recueil telle une onde impalpable et vertigineuse, provoquant des sentiments de doute, d’effroi ou de folie chez les protagonistes. Sentiments qui ne manquent pas de toucher, d’une manière ou du autre, le lecteur rendu naturellement empathique grâce à la plume de l’auteur.

Empreinte d’une délicieuse étrangeté, chacune des sept nouvelles nous entraîne dans un univers singulier, complet, et nous rappelle que l’écriture du fantastique est un art à part entière – celui de donner forme à l’invisible et à l’indicible.

De la très belle écriture de l’auteur, je retiens les descriptions – parfaites, et les doutes des personnages – joliment mis en mots. Contemplation et rêverie contribuent pleinement au mystère et, de façon étonnante, s’invitent dans le chaos.

L’ordre des nouvelles dans le recueil me paraît vraiment judicieux. Depuis l’embarquement à bord du navire – huit clos éprouvant (Rumor) – jusqu’à la libération finale d’Elena (Un espace pour respirer), en passant par des scénarios de mort initiatique, on assiste à des événements qui, loin d’être juxtaposés, résonnent d’une nouvelle à l’autre et prennent sens en tant qu’ils participent d’un même et vaste mouvement. La tempête gronde, les verrous psychologiques sautent, les lignes bougent, et l’imaginaire du lecteur fonctionne à plein régime. Que penser de cette fin dans Rudra qui, après nous avoir frustrés, nous fait réfléchir et ouvre vers d’autres possibles ?     

Lorsqu’on lit un recueil de nouvelles, il va de soi que certaines nous touchent plus que d’autres. Nathan Bonvallet, dans sa préface, le souligne très justement et invite le lecteur à poursuivre, à ne pas s’arrêter à la première embûche : « Osez la suivante qui, éventuellement, saura vous surprendre là où la précédente aura pu vous refréner.» À aucun moment je n’ai eu le désir d’interrompre ma lecture. Pourtant autant, j’ai apprécié cette attention.

Si je devais me prêter au jeu de la Palme d’Or de la Nouvelle, je retiendrais Le Cercle. Comment une toile exposée par hasard (Par hasard ? Oui, par hasard…) dans une galerie d’art conduira-t-elle l’organisatrice de l’exposition à la folie ? Parfaitement construit, le texte interroge notre rapport à l’art, à l’argent et à la reconnaissance sociale. La chute est saisissante. À tout vouloir maîtriser, on ne contrôle plus rien… N’est-ce pas ?

Ce recueil pose un certain regard sur le monde tout en le parsemant de grains de folie auxquels j’ai été particulièrement sensible. Il est à souligner que la très belle couverture créée par Adeline Bourgeois offre un magnétisme qui sied parfaitement au texte.

Une réussite !

Cette partie du château resplendissait. Le ballet frénétique des jardiniers à l’extérieur contrastait avec le vide assourdissant de l’intérieur : comme chaque matin, les employés de l’ancienne demeure royale se démenaient pour embellir les parterres et les arbres composant les jardins principaux. Le petit nouveau, qui du haut de ses vingt-huit ans n’était pas né de la dernière pluie pour autant, ne tarda pas à rejoindre le cœur de la verrière murée, en passant par une arcade vitrée, et s’amusa des répercussions de ses pas dans l’immensité de la pièce atteinte. L’hiver, tous les arbres investissaient le centre de cette énorme salle, mais en cette période de l’année, le caractère dépouillé de l’Orangerie prévalait. Ce soir, tout le gratin du monde horticole se retrouverait en son sein pour débattre des prochaines tendances florales à promouvoir.

Échos de tempêtes, Aussi loin que possible, p. 27-28

Une voix nous annonça qu’il était l’heure de rejoindre nos dortoirs. Dans une file ordonnée, je retournai à ma chambre, sans même oser contester cette injonction provenant d’un corps pourtant désincarné, de même que je venais d’accomplir une journée entière de travail manuel sans rechigner. Je refermai la porte en acier derrière moi, avec, en tête, l’image de celle qui devait être une amie, dans un passé négligé.

Échos de tempêtes, La vague dorée, p. 69

Hélène le savait, cette soirée devait être le clou de sa brillante prise de pouvoir au sein de la galerie. Son planning organisé à la rencontre près allait pouvoir lui permettre de gérer cet événement d’une main de maître. Elle entendait déjà les nombreux artistes la congratuler au sujet de l’agencement millimétré et réfléchi de l’exposition, de même qu’elle envisageait déjà les sourires feints et radieux des invités, alors même que les portes étaient encore fermées.

Échos de tempêtes, Le Cercle, p. 91

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