Fate – tome 1 : L’arène du Mississipi de Philippe Lécuyer

 

Auteur : Philippe Lécuyer

Couverture : Hugo Rizzon

Maison d’édition : Marathon Éditions

Parution : Novembre 2017

Nombre de pages : 189

Disponible en version papier ou numérique

Roman à partir de 13 ans

 

 

 

Présentation de l’éditeur

Un monde sans foi ni loi.
Des États-Unis disloqués.
Anarchie, violence et loi du plus fort règnent en maîtres.

Une jeune femme assoiffée de vengeance entre au service d’une mystérieuse organisation et renoue avec son humanité perdue au contact d’un enfant pas comme les autres.

A travers ses livres, Philippe Lécuyer tente de concilier sa passion du 7e art avec sa pratique de l’écriture. Grâce à son style, il fait surgir des mondes fourmillants et des personnages débridés. Ses univers nous permettent de retrouver la magie de la littérature populaire et des films qui l’ont nourri.
Les aventures de Fate nous entraînent dans un futur lointain et pourtant si proche où la survie est un défi de tout instant.

Après avoir lu les aventures du jeune Espa dans Le règne de l’Empereur (tome 1 et tome 2), j’étais impatiente de découvrir le nouveau roman – premier tome de la série Fate – publié chez Marathon Éditions. Passionnée des littératures de l’imaginaire, j’ai été happée par la singularité de l’univers, le mélange des genres et la plume de l’auteur. 

Un univers captivant

Tout commence par quelques pages énigmatiques – Notes sur la crique – qui posent le cadre de l’intrigue, lui-même décor de sombres histoires. Elles retracent en effet, d’une façon journalistique qui a de quoi surprendre, l’histoire de ce lieu hors du commun situé sur les rives du Mississipi, aussi mystérieux que terrifiant, tout en faisant référence à d’autres fiches numérotées (dont l’auteur nous est inconnu à ce stade de la lecture) et aux Confessions filmées d’un certain Benjamin Oaksley.

En octobre 2034, Fate, jeune femme déterminée et prête à tout pour recouvrer la mémoire, se rend, malgré la menace qui plane, malgré la présence des nombreux RepGuard, dans cette crique difficilement accessible. Guidée par le jeune Adam – que fait donc un enfant dans cette histoire ? -, elle a un unique objectif en tête : comprendre ce qui lui est arrivé et en faire payer le prix fort au responsable.

Tantôt déjanté, tantôt rationnel, l’univers de Fate est très surprenant. Empreint d’une inventivité foisonnante, il s’inscrit également dans le mythe créé et recréé par nombre d’écrivains et de cinéastes autour du fleuve Mississipi. Il est en particulier ce film assez récent auquel j’ai pensé … Mais bon, je ne vais pas tout vous dire, hein ?

L’intrigue, d’une grande richesse, ne nous est pas offerte sur un plateau doré (oui oui, je préfère le plateau doré au plateau d’argent, mais ceci ne doit pas entraver votre lecture…). Elle emprunte des chemins sinueux. Les enjeux liés aux actions des personnages nous sont dévoilés au fil des pages et nous font douter, jusqu’à la fin. Il nous faut saisir les intentions, lire entre les lignes, imaginer le passé de ces personnages cabossés par la vie, à fleur de peau, prêts à dégainer leurs armes à tout instant (et croyez-moi, il n’y a pas que des armes blanches !). C’est ce qui fait à la fois la force du roman et le plaisir du lecteur. Fate et Adam – personnages complexes, touchants, à la fois décontractés et concentrés, que l’on aime d’emblée (ou presque…) – sont extrêmement bien campés. L’étrangeté, l’intensité et la beauté des situations naît en particulier de ce duo étonnant et détonant !

Le mélange des genres

Dans L’arène du Mississipi, nous sommes à la croisée de la science-fiction, du roman policier et du thriller. Il y a de l’action, des personnages hauts en couleur, d’étranges créatures (Avez-vous repéré le crocodile sur la magnifique couverture ?), des dialogues absolument savoureux, des scènes de combat très réussies que l’on a l’impression de voir se dérouler sous nos yeux.

L’auteur s’empare des codes pour mieux les détourner. Il ne manque plus que la musique !

Une écriture, un style et un humour décapants

J’ai adoré la plume de Philippe Lécuyer et l’humour grinçant, décalé. Le récit principal, les flash-backs, les pensées de Fate, les Notes et les Confessions – plusieurs polices d’écriture ont d’ailleurs été judicieusement choisies pour différencier ces moments offrent un rythme des plus soutenus, nous tiennent en haleine du début à la fin. Les minutes de répit sont rares pour les personnages comme pour nous, lecteurs…

La fin de ce premier tome ouvre sur de surprenantes révélations, de nouvelles pistes et interrogations.

Aussi impeccable qu’implacable, ce roman est une vraie réussite !

L’objet-livre, de très grande qualité, offre un véritable écrin au texte de Philippe Lécuyer.

Quelques-unes de mes citations favorites

Petite crique de six hectares, dont cinq de sable grossier et galets noirs. Unique en son genre sur les rives du Mississipi, cette enclave baigne d’un côté dans les eaux tourmentées du fleuve et se niche, pour le reste, au cœur d’une pinède épaisse, elle-même adossée à une falaise abrupte en forme de fer à cheval. Personne n’a jamais pu expliquer la persistance d’un tel cadre géologique au cœur d’un paysage essentiellement constitué de plaines inondables et de collines limoneuses.

Extrait de Notes sur la crique, fiche n°24 – 08/10/34 (Axolotl)

Fate – tome 1 : L’arène du Mississipi, p. 9

 

Elle déclencha la caméra bouton accrochée à son pardessus miteux : quatre miradors blindés en façade dotés de mitrailleuse antichar, enceinte en béton antisismique haute de trois mètres cinquante, double portail en titane expansé, des dizaines d’hommes armés qui assuraient une ronde permanente, à pieds ou à moto, autour de l’usine. Voilà pourquoi personne ne l’avait fouillée à l’entrée de l’esplanade. Cette artillerie suffisait à dissuader toute tentative d’attaque. [T’es dingue !] Cette mission s’annonçait des plus suicidaire. [T’es vraiment dingue !] Quelque part au milieu de ce maelstrom humain, un chien aboyait furieusement.

Fate – tome 1 : L’arène du Mississipi, p 75.

– Fate ?

Ce n’était pas certes pas le moment, mais elle allait y avoir droit, elle le sentait. Adam allait lui poser une question embarrassante.

– Tu ferais quoi si je disparaissais ?

– Je te l’ai dit mille fois, je partirais à ta recherche.

– Non, ça je sais, je veux dire si je n’étais plus là, physiquement, définitivement, mort en quelque sorte.

Fate – tome 1 : L’arène du Mississipi, p. 67

Vivement le deuxième tome !

4 commentaires


  1. Quel plaisir d’accueillir un tel enthousiasme. Il est toujours extraordinairement gratifiant (au minimum) pour un auteur de constater que son imaginaire, ses visions et, disons-le, son petit grain de folie trouvent un écho chez certains lecteurs.
    Et c’est encore plus satisfaisant de sentir que l’on vous a bel et bien lu. Votre compte rendu me réjouit car il rend compte aussi bien de mes intentions stylistiques (moi aussi, en tant que lecteur, j’aime qu’on ne me simplifie pas la vie, je veux qu’un livre me tienne en éveil et m’oblige à faire l’effort de raccrocher les wagons à la main, plutôt que de regarder passer le train) que de la complexité des personnages.
    Encore merci d’avoir aussi bien « ressenti » mon histoire.
    Amitiés littéraires… et de mauvais genre!
    Philippe Lécuyer

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    1. Cher Philippe,
      Bonjour et bienvenue par ici. Un grand merci à vous d’avoir pris le temps de rédiger ce joli commentaire. Ma petite chronique est finalement parvenue jusqu’à vous. Florence Gindre y est certainement pour quelque chose…
      Cela me permet donc de vous féliciter « directement » pour votre travail d’écriture qui, vous l’avez compris, m’a touché, ému, remué… J’ai adoré en effet votre « petit grain de folie ».
      Il existe sans doute mille façons de ressentir une histoire. Si vous avez retrouvé quelques-unes de vos intentions dans mon article, j’en suis ravie.
      Je suis maintenant impatiente de lire la suite de cette trilogie passionnante que vous nous offrez.
      Continuez dans la voie des mauvais genres. Elle vous va à merveille !
      Amitiés littéraires également.
      À bientôt.
      Elodie

      Répondre

    1. Merci ! Je me suis vraiment régalée . J’espère que Philippe Lécuyer aura l’occasion de lire tout le bien que je pense de son roman. A bientôt !

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