L’enfant du désert de Claire Eggermont, Marc N’Guessan et Pierre Rabhi

Auteurs : Claire Eggermont et Pierre Rabhi

Illustrateur : Marc N’Guessan

Maison d’édition : Les Éditions Plume de Carotte

Collection : Jeunesse

Parution : octobre 2017

Nombre de pages : 99

Format : 19 x 25 cm

ALBUM JEUNESSE

RÉCIT DE VIE

À partir de 7 ans

Présentation de l’éditeur

De sa naissance en 1938 dans un village du désert algérien jusqu’à aujourd’hui où il parcourt le monde pour partager son savoir et sa sagesse, Pierre Rabhi semble avoir vécu mille vies. D’abord petit employé de banque puis ouvrier à la chaîne, il a, très tôt, quitté ces univers étouffants et voulu expérimenter d’autres façons de vivre, en accord avec la nature. Il est d’abord devenu agriculteur, puis essayiste. Aujourd’hui encore, c’est un infatigable conférencier, partageant ses idées autour d’une agroécologie respectueuse de l’environnement et des Hommes. Pour la première fois, grâce ce livre, il s’adresse aux enfants pour leur raconter sa vie, ses rencontres, et ses idées fortes et généreuses : son enfance dans le désert algérien, sa découverte du monde des « Roumis » avec son adoption par un couple de Français, son arrivée en France, à Paris, puis son installation en Ardèche avec sa femme Michèle, ses débuts sur la terre rude des Cévennes, ses partages d’expériences auprès de jeunes en France et au Burkina Faso (où il a failli devenir ministre de l’agriculture de Thomas Sankara !), ses conférences aux quatre coins du monde, sa création d’associations et de centres de formation en agroécologie, son engagement et sa parole publique… Le tout porté par une parole belle et poétique. Car Pierre Rabhi est avant tout un conteur, et il ne l’oublie pas quand il s’adresse aux enfants du monde…

Divertir et transmettre

L’enfant du désert est avant tout une très belle histoire. Celle d’un homme, citoyen du monde, amoureux de la planète, qui au fil des ans, réussit à vivre selon ses valeurs, à les partager, à les transmettre aux autres. Autodidacte passionné, Pierre Rabhi est aussi un visionnaire.

Si comme le dit joliment Michèle Petit, anthropologue au CNRS, « La littérature permet d’habiter le monde », la littérature de jeunesse, en tant qu’univers foisonnant alliant culture et imaginaire, y contribue largement. L’enfant du désert en est un très bel exemple.

Comment chacun de nous peut-il, à son niveau, participer à la « naissance d’un nouveau monde, où les êtres humains vivront enfin en paix sur la Terre » ? Car, même si d’autres nous font croire le contraire, nous sommes tous dotés d’un grand pouvoir de transformation. Grâce à un texte fort, non moralisateur, à des images illustrant des scènes de vie émouvantes, les auteurs transmettent aux enfants un message d’espoir, en même temps qu’ils rafraîchissent la mémoire des adultes parfois oublieux de leurs racines terrestres.

L’album, découpé en dix chapitres, propose également une petite biographie de Pierre Rabhi, agrémentée de quelques photos, une partie intitulée « Pour mieux comprendre » qui permet d’expliciter des termes généralement peu connus des enfants (voire des adultes) – islam, colonisation ou agroécologie en sont des exemples, ainsi que quelques définitions essentielles à la compréhension du jeune lecteur. En tant que maman et professeure des écoles, je salue le remarquable travail éditorial.

Une plume élégante et poétique

D’une grande richesse, le texte mêle narration, pensées intérieures et éléments biographiques. Malgré les épreuves vécues par l’auteur, parmi lesquelles la mort de sa mère et le déracinement – ou choix difficile de son père de le confier à un couple de Roumis -, l’album est lumineux. Solaire même. Les mots sonnent avec une grande justesse et résonnent une fois le livre refermé.

Une chose est sûre, les auteurs excellent dans l’art d’éveiller chez le lecteur un panel d’émotions poétiques.

 

Des illustrations de toute beauté

Le livre ne serait pas le même sans les illustrations de Marc N’Guessan qui a su véritablement magnifier le texte. Occupant une place de choix dans l’album, les images font partie du voyage que constitue la lecture. On prend plaisir à détailler la petite mobylette permettant à Pierre de se rendre au travail, à observer le violon qui lui offre un havre de paix après les longues journées de travail, ou bien à imaginer les rues colorées et grouillantes de monde dans la ville d’Oran…

Une pépite ! 

 

Ils partageaient les repas en cercle, autour du même plat, assis sur des peaux de moutons couvrant la terre battue.

Durant la saison la plus chaude, ils dormaient côte à côte sur la terrasse, dépliant leurs nattes à même le sol. Le village leur paraissait suspendu entre deux infinis : le ciel était leur toit, leur espace était sans limites… 

L’enfant du désert, p. 8

La civilisation avait-elle vraiment libéré l’homme comme elle le prétendait, ou l’avait-elle rendu esclave de l’argent ?

Se laissant aller à ses rêveries, Pierre se souvenait de son enfance dans l’oasis : en ce lieu, l’argent était rare et les gens, dès que l’essentiel était assuré, goûtaient au temps présent et manifestaient leur satisfaction par de multiples réjouissances.

L’enfant du désert, p. 28

Les hivers étaient rudes, les automnes aussi, avec leurs trombes de pluie qui rendaient impossible toute activité extérieure. C’est lors de ces longues journées humides que les mains de Pierre se mirent à sculpter spontanément un morceau de bois, puis à modeler de la terre. On aurait dit que se réveillaient à travers elles l’habileté de son père et celle de tous ses ancêtres.

L’enfant du désert, p. 47

Petit à petit, les gens des environs s’intéressèrent à leur travail. Pierre organisa alors des petites causeries pendant lesquelles il partageait ses expériences. À cette époque, de nombreux jeunes citadins désiraient s’installer à la campagne. Eux non plus n’étaient pas d’accord avec une société qui avait fait de la consommation et du gaspillage un mode de vie. Eux aussi aspiraient à vivre libres, en jouissant des biens de la nature, et souhaitaient apprendre l’agriculture pour y parvenir. Michèle et Pierre, qui avaient besoin d’aide sur la ferme, accueillirent alors plusieurs stagiaires. Certains y séjournèrent longtemps, et devinrent comme des grands frères et sœurs pour les cinq enfants de la famille. 

  L’enfant du désert, p. 62

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