Louise de Caroline Lambert

Autrice : Caroline Lambert

Editeur : Les Éditions du Net

Parution : octobre 2017

Nombre de pages : 124

Format : 120 x 190 mm

ROMAN ADULTE

Présentation

J’habitais seul dans la vieille demeure familiale qui m’avait été léguée à la mort de mon père. C’était une sombre et grande bâtisse en pierre, ornée de tourelles aux quatre coins, couverte d’ardoises. Un lierre aux feuilles couleur de feu avait complètement tapissé le flanc droit de la demeure, grimpant majestueusement le long du toit en pointe d’une des tourelles ; semblant vouloir atteindre pour s’y lover, la girouette en fer forgé, qu’un de mes nombreux aïeuls avait autrefois façonnée de ses mains. Elle représentait un chat bossu, le poil hérissé, tête levée, bouche ouverte, crocs pointus, semblant hurler à la lune. Le grincement strident que provoquait le vent la faisant tournoyer, ajoutait un air lugubre à cet animal semblant tout droit sorti d’un conte de sorcellerie. Je retrouvais ce même grincement chaque fois que j’ouvrais ou fermais l’énorme porte d’entrée en bois dont les gonds tout rouillés (j’avoue faute d’entretien) crissaient à vous fendre l’âme.
Mais y avais-je réellement toujours vécu seul ? Certains endroits semblent laisser planer au-dessus de nos têtes les fantômes du passé…

Je remercie Caroline Lambert de l’envoi de son roman en version papier.

Roman psychologique à l’architecture maîtrisée, Louise nous conte l’histoire d’une rencontre, celle de deux êtres passionnés, l’un de peinture, l’autre de décoration. Charles, le narrateur, a grandi dans une famille aimante, ses parents l’accompagnant dans chacune des étapes de sa vie. Jeune homme travailleur et plutôt solitaire, il préfère la compagnie des toiles qu’il peint jusque tard dans la nuit à celle des femmes, au grand désespoir de sa mère qui n’aspire qu’à une chose : devenir grand-mère. Mais alors que la santé de celle-ci décline, il rencontre Louise qui va bouleverser sa vie…

Très peu de personnages apparaissent dans le récit. Chacun d’eux étant très bien campé, aucun rôle n’est secondaire dans cet intriguant et mystérieux huit clos. De l’évocation de la grand-mère de Charles à la présence de Noémie – la demoiselle de maison, on passe – en tant que lecteur – par une palette infinie de sentiments. Les souvenirs de l’histoire familiale de Charles se mêlent au présent avec justesse. Les descriptions, le décor et l’atmosphère occupent une place de choix et les relations entre les personnages sont finement mises au jour.

La plume de Caroline Lambert, fluide et très agréable, nous tient en haleine car, peu à peu, la rencontre amoureuse – qui rappelle d’ailleurs celle vécue par les parents du protagoniste principal – laisse place à certaines tensions, certains glissements dont on ne parvient pas immédiatement à déceler l’origine. Nos certitudes se fragilisent, les questions affluent.  Que se passe-t-il ? Quel grain de sable a pu s’immiscer au cœur d’un bonheur parfait ? Tout semblait si limpide… Notre imaginaire fonctionne à plein régime et il faut véritablement attendre la fin du roman – glaçante, en forme de chute – pour comprendre. Bien évidemment, je ne dévoilerai rien et vous invite, vous l’aurez compris, à lire le roman…

Louise est écrit avec une intelligente délicatesse pour évoquer les thèmes de la passion, de l’art, de la perte et de la folie. Autant de thèmes qui nous touchent tous, de près ou de loin, à certains moments de notre vie. Nous avons là une belle matière à réfléchir !

– Les larmes sont le fleuve du cœur. Lorsqu’il déborde de sentiments, elles s’échappent pour ne pas noyer l’âme. Elles coulent le long des joues en un petit ruisseau qui adoucit le feu qui les a fait rougir, et tombent en une pluie fine qui arrose le sol et fait pousser les fleurs qui, par leur parfum et leurs jolies couleurs, nous remplissent le cœur de douceur, de bonheur.

Louise, p. 26

J’avais acheté quelques petits gâteaux pour le thé et un joli bouquet de fleurs pour égayer le salon […]. J’avais choisi les vêtements que je porterais avec soin et avais agrémenté ma tenue avec une jolie écharpe en soie, me souvenant des paroles de Noémie à ce sujet. J’étais satisfait du résultat et me trouvais plutôt bel homme en me regardant dans le miroir. 

Louise, p. 64

Tout était très confus, l’absence de Louise m’affectait […]. Elle était allée passer quelques jours chez son père et je n’avais pas eu d’autre choix que de la laisser partir malgré la peur qui me tenaillait qu’elle ne revienne jamais. Depuis son départ, je ne mangeais et ne dormais presque plus. Chaque nuit, les ombres me hurlaient aux oreilles que Louise ne reviendrait jamais. 

Louise, p. 113

 

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