Fiche technique

Réalisé par : Claude Barras

Avec (entre autres) : Gaspard Schlatter, Sixtine Murat, Paulin Jaccoud

Nationalité : franco-suisse

Date de sortie : 19 octobre  2016 (1h06)

Genre : Drame, Animation

Courgette – Icare en réalité, ne commence pas sa vie sous les meilleurs auspices. Sa mère, depuis le départ du père («avec une poulette»), partage sa vie entre ses canettes de bière et les feuilletons à l’eau de rose à la télévision. Après sa mort accidentelle, le jeune garçon est conduit dans un orphelinat, le Foyer des Fontaines, par Raymond, policier hors norme qui tente, lui aussi, de panser ses propres plaies. Courgette – il tient à ce surnom que lui donnait sa mère – va devoir y affronter un certain nombre de rites d’acceptation, notamment les brimades de Simon – le meneur, pour intégrer la joyeuse bande d’enfants abîmés par la vie. L’arrivée de Camille, peu de temps après, tourneboule une fois de plus le fragile équilibre du foyer, mais Courgette réalise qu’il n’est plus seul au monde, en même temps que naissent chez lui des sentiments inconnus jusqu’alors…

– Elle était gentille avec toi ta maman?

– Elle buvait beaucoup de bière mais… elle faisait de la bonne purée.

– Bon… il est où ton papa?

– Là…

– Je vais t’emmener dans un endroit avec d’autres enfants comme toi, sans papa et sans maman.

On ne choisit pas ses parents mais on peut (ré)inventer sa vie…

Voilà un joli film d’animation qui ne laisse pas indifférent. Véritable hymne à l’enfance et à l’amour, conte initiatique et poétique, le spectateur n’est pas épargné. Tout y passe : la mort, la drogue, les abus sexuels… Courgette et ses nouveaux amis grandissent en s’attaquant, à leur niveau, aux injustices et aux dysfonctionnements du monde. Alors que la violence de leurs parcours personnels aurait dû – naturellement – les détourner définitivement du monde des adultes, ils se reconstruisent au fil du temps grâce à une solidarité sans faille et à l’aide précieuse de la directrice du foyer, des éducateurs et de Raymond.

Je suis allée voir ce film avec mon fils de huit ans qui, une fois rassuré sur un point (Non, ce n’est pas Courgette le responsable de la mort de sa mère), a pleinement profité des personnages colorés, aussi étranges qu’attachants. Le graphisme, très proche de l’univers et des jeux enfantins (pâte à modeler, marionnettes) met à distance l’aspect dramatique du film, tout en rendant les personnages tangibles. Nul besoin de grands discours pour faire passer le message, les silences (aussi) en disent (très) long. De quoi permettre aux petits et grands de partager un moment d’intenses émotions. À la fin du film, les yeux pétillent. Inutile donc – chers adultes – de vous cacher dans le noir et de tenter d’ignorer la vague qui vous a submergé… les enfants le comprennent d’ailleurs très bien. Everything is NOT under control… heureusement…

Je n’ai pas encore lu Autobiographie d’une courgette de Gilles Paris (2002), dont le film est une adaptation, mais je compte y remédier prochainement …

 

Ma vie de Courgette
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